Se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, c’est accepter de sortir de la ligne droite, de bousculer ses repères et de s’attaquer à une montagne de démarches. Qu’on soit étudiant, salarié, femme d’affaires ou futur patron à plein temps, une chose ne change pas : passer de l’idée à l’action ne s’improvise pas.
Avant de foncer sans filet, il vaut mieux connaître les grandes étapes à franchir. Tout commence avec la définition du projet, puis vient la validation de son potentiel réel. Si vous souhaitez savoir comment devenir entrepreneur, les lignes qui suivent dressent le panorama sans détour ni jargon inutile.
Concrétiser l’idée de projet d’entreprise
On ne devient pas entrepreneur par hasard ou sur un coup de tête. Avant même de s’interroger sur comment devenir entrepreneur, une idée solide doit émerger, capable de tenir face aux réalités du terrain. Pour vérifier sa pertinence, trois interrogations s’imposent :
Votre idée répond-elle à une demande réelle ? Cherchez là où il y a un manque, un besoin non satisfait, un créneau où votre projet trouve naturellement sa place. Si la réponse semble évidente et s’appuie sur du concret, le terrain est propice.
Ce projet vous motive-t-il sincèrement ? Créer une entreprise exige un engagement sans réserve. Aucun intérêt à s’investir à moitié, mieux vaut choisir un secteur qui vous parle et vous porte.
Disposez-vous des compétences pour mener le projet à terme ? Savoir naviguer dans son secteur, comprendre ses codes, c’est la base pour avancer avec confiance.
Avant de s’attaquer aux démarches administratives ou de penser au depot des comptes annuels, il est indispensable d’évaluer la solidité du projet. Sa capacité à durer, à générer des revenus, doit être passée au crible, sans indulgence excessive.
Faire une étude de marché
L’étude de marché sert à mesurer si votre offre intéresse vraiment et à quel prix. Elle aide à comprendre les besoins des clients, à estimer leur budget moyen et à cerner la concurrence, ses atouts, ses manques et ses failles. Cette étape évite de bâtir son projet sur des suppositions.
Établir un business plan
Le business plan pose les bases du développement à venir. On y fixe des objectifs à différentes échéances, tout en déterminant la stratégie commerciale à adopter.
Ce document force à clarifier le modèle économique et à expliquer comment votre société générera des revenus. Il donne un cap pour viser la viabilité et l’autonomie financière dès le lancement.
Monter un plan financier
Impossible de démarrer sans anticiper l’aspect financier du projet.
L’intérêt d’un plan financier
Lancer son activité nécessite de consentir à des dépenses, parfois longtemps avant la première rentrée d’argent. Il faut donc établir des prévisions sérieuses et chercher les modes de financement adaptés à la création de votre structure.
Voici quelques pistes de financement à considérer pour mettre toutes les chances de votre côté :
- Votre épargne personnelle
- La « love money », autrement dit l’aide ou le prêt de personnes de votre entourage
- L’emprunt bancaire
- Le crowdfunding (financement participatif)
Zoom sur les aides à la création d’entreprise
De nombreux dispositifs publics existent pour soutenir la création ou la reprise d’une société :
- L’ARE ou l’ARCE pour les demandeurs d’emploi
- Le prêt d’honneur solidaire
- Les aides de l’Agefiph pour les personnes en situation de handicap
- Les garanties bancaires de France Active
- Le prêt d’amorçage de Bpifrance
Certains dispositifs vont plus loin que l’aide financière pure. Par exemple, l’ACRE permet une exonération partielle de cotisations sociales, des crédits d’impôt comme le crédit d’impôt recherche peuvent aussi s’avérer précieux.
Quelle structure choisir ?
Le choix du statut juridique influence la fiscalité, le régime social, les démarches et l’organisation de la société. Il ne faut pas le prendre à la légère.
Selon que vous entreprenez seul ou en équipe, plusieurs possibilités existent.
En solo, vous pouvez opter pour la société individuelle (auto-entrepreneur ou EIRL) ou créer une société unipersonnelle (SASU ou EURL).
Pour un projet à plusieurs, la forme sociétaire s’impose : SAS, SARL ou encore SCI sont des choix fréquents.
Devenir auto-entrepreneur
Avant de détailler les formalités, il est utile d’examiner ce qui rend le statut de micro-entrepreneur aussi attractif.
Les avantages
Le régime de micro-entreprise permet d’entreprendre seul et de garder la maîtrise de son activité. Sa réputation de simplicité n’est pas usurpée : démarches administratives réduites, gestion allégée, aussi bien à la création que durant tout le parcours.
Autre avantage, les cotisations sociales ne sont dues que si un chiffre d’affaires est déclaré. Certains mois, si l’activité est à l’arrêt, il suffit de le signaler et aucun prélèvement n’a lieu.
Il n’est pas exigé de tenir une comptabilité complète, mais il faut consigner recettes et dépenses dans un livre dédié.
Attention toutefois, ce statut n’est pas adapté à tous les modèles économiques. Impossible de déduire les charges du chiffre d’affaires pour le calcul des cotisations de l’URSSAF. Ce point peut être bloquant selon certaines activités.
Les étapes de création
Pour lancer une micro-entreprise, il suffit de se rendre sur le portail auto-entrepreneur de l’URSSAF, compléter le formulaire p0, fournir une pièce d’identité valide et une attestation de non-condamnation. Les justificatifs sont ensuite transmis au CFE compétent.
Quelques jours plus tard, vous recevez par courrier votre numéro d’immatriculation (Siren).
Si vous souhaitez être accompagné, il est possible de solliciter un expert ou de passer par une plateforme juridique en ligne pour déléguer la partie administrative.
Créer une société
Créer une société demande davantage d’organisation et de rigueur que la micro-entreprise. Mais ce statut permet de mener des projets collectifs et d’accéder à des avantages propres à la structure sociétaire.
Seul ou à plusieurs ?
La société est la forme de prédilection pour les aventures à plusieurs. Selon la nature du projet, vous pouvez choisir entre SARL, SAS ou SCI.
Mais il reste tout à fait possible de créer une société en solo, sous la forme d’une SASU ou d’une EURL, versions unipersonnelles de la SAS ou de la SARL.
Les avantages de se lancer en société
La création d’une société offre plusieurs leviers : possibilité de déduire les charges et investissements, imposition sur le résultat net plutôt que sur le chiffre d’affaires, choix entre impôt sur le revenu (IR) ou impôt sur les sociétés (IS) durant les cinq premières années.
La société facilite aussi l’accueil de nouveaux investisseurs et, selon la forme choisie, permet de limiter la responsabilité de chaque associé.
Les démarches juridiques à suivre
Voici les principales étapes à respecter lors de la création d’une société :
- Rédaction des statuts
- Dépôt du capital social
- Détermination du siège social
- Publication d’un avis de création dans un journal d’annonces légales
- Dépôt du dossier d’immatriculation auprès du greffe du Tribunal de commerce
Après ces démarches, vous obtenez le Kbis, un numéro Siren et un numéro de TVA intracommunautaire.
Devenir entrepreneur : les avantages en bref
Pourquoi choisir la voie entrepreneuriale ? Ceux qui ont tenté l’aventure partagent souvent les mêmes raisons :
- La liberté de gérer soi-même son activité
- La possibilité de façonner son métier
- L’envie de créer, d’innover
- Un cadre de travail flexible
- La perspective de faire croître ses revenus
Trouver des financements pour son projet
La question du financement s’impose rapidement pour concrétiser une idée d’entreprise. Plusieurs solutions existent, chacune adaptée à une situation particulière.
Première piste : le financement personnel. Miser sur ses économies ou celles de ses proches fonctionne si la réserve est suffisante, mais l’engagement financier est total.
Autre solution, la fameuse « love money ». Les amis et la famille mettent au pot, parfois sans formalités. Leur atout : ils croient d’abord en la personne, pas uniquement au projet sur papier.
L’emprunt bancaire reste une option solide pour des projets bien ficelés, même si les conditions d’accès sont plus strictes qu’avant.
Certains secteurs, notamment l’innovation, peuvent prétendre à des subventions publiques. Ces aides non remboursables représentent un vrai soutien pour ceux qui y sont éligibles.
Enfin, on peut s’associer avec un business angel ou une société de capital-risque. Ces partenaires investissent en échange d’une part du capital et apportent également un accompagnement stratégique.
Chaque mode de financement a ses avantages et ses contraintes : prendre le temps de comparer permet de choisir la solution la plus adaptée à la réalité du projet.
Les erreurs à éviter lorsqu’on se lance dans l’entrepreneuriat
Démarrer dans l’entrepreneuriat suppose d’éviter certains pièges classiques. D’abord, il est indispensable d’analyser le marché et d’identifier les concurrents, qu’ils soient directs ou indirects. Négliger cette étape, c’est avancer à l’aveugle.
Autre écueil courant : minimiser la gestion financière. Imaginer que la mise de départ suffira expose à de mauvaises surprises. Le suivi des dépenses doit être régulier, précis et sans relâche.
La précipitation est aussi dangereuse. Vouloir tout faire tout de suite, sans plan ni étapes intermédiaires, fatigue et épuise. Mieux vaut avancer par jalons pour maintenir le cap sur la durée.
La rigidité face aux imprévus peut s’avérer coûteuse. Adapter son projet, pivoter, revoir ses priorités : ce sont des réflexes à cultiver pour survivre à la réalité du terrain.
Enfin, négliger la communication revient à s’isoler. Dialoguer avec les clients, entretenir le lien avec les partenaires, écouter le marché : tout cela nourrit la confiance et fait avancer la dynamique du projet. S’informer, anticiper, rester ouvert : c’est là, souvent, que tout se joue.
Créer son entreprise, c’est accepter de douter, d’apprendre, de sortir de sa zone de confort. Mais c’est aussi choisir d’écrire sa propre histoire, là où tant d’autres se contentent de tourner les pages écrites par d’autres.


